Accueil du site > Podcast > Crise ou pas, les milliards tombent toujours dans la poche des exploiteurs (...)

Crise ou pas, les milliards tombent toujours dans la poche des exploiteurs !

mardi 25 novembre 2008, par AnarSonore


Vous croyiez que la crise avait disparu ? Et bien non ! Elle est à nouveau d’actualité et s’immisce dans les conversations. Par le biais de leurs multiples appareils idéologiques d’Etat (les médias, les syndicats réformistes…), les politiciens la définissent comme étant la résultante d’une folie sans borne et d’une immoralité des boursicoteurs qui seraient les seuls fautifs. Mais ce n’est là que pure jactance et mensonge. En effet, les politiciens sont peu diserts sur leur responsabilité et implication ; ils ont tous largement contribué à une dérégulation méthodique pour les besoins du marché. Il n’était plus question de l’économie administrée au nom de l’économie concurrentielle. Tout en désignant les spéculateurs à la vindicte des couches populaires, les politiciens les sauvent de la banqueroute. Le comble du cynisme est que tout ce beau monde profite de la situation pour se refaire une virginité, en avançant l’idée vague d’une jurisprudence universelle : "le Bretton Woods bancaire". L’histoire du capitalisme n’est qu’une succession de crises cycliques, courtes ou longues, plus ou moins dispendieuses, qui débouchent soit sur la récession ou la dépression, dégénérant même en des conflits armés ; elles sont, d’ailleurs, un mal intrinsèque du capitalisme qui est parvenu à s’adapter et à muter pour l’instant.

Le capitalisme repose sur la logique de la recherche exponentielle du taux de profit, qu’il soit d’ordre réel par l’extraction de la plus-value ou d’ordre purement spéculatif (sur la valeur des actions et de leur rendement) et peu importe si cela amène misère, famine, pollution… La période supposée des trente glorieuses n’aura donc pas fait exception à l’histoire du capitalisme, puisqu’elle contenait les germes de ces contradictions qui allaient aboutir à la crise actuelle : l’usage massif du crédit (affectant les Etats, les banques, les particuliers), la saturation des marchés (engendrant le non écoulement de la production) et le saccage écologique. Aujourd’hui, face à une quasi faillite générale du système, on nous ressort les vieilles recettes : faire fonctionner la planche à billet, recourir davantage au crédit, accroître l’action de l’Etat, etc. Mais qui peut dire que la médication keynésienne a encore un avenir ?

Ce qui se passe n’est donc pas très étonnant et les couches populaires paient encore un peu plus la facture, tandis que les responsables continuent à jouir des bénéfices que leur procure le système capitaliste. Quoi qu’il en soit, la stagnation, le rognage des salaires (directs et indirects) et l’inflation vont encore être le lot de cette nouvelle cure d’austérité visant à perpétuer les privilèges.

Alors que faut-il faire ? Continuer à se chloroformer devant la télévision ou dans d’autres gadgets… Loin de nous, anarchosyndicalistes, l’idée de succomber à la pacification (comprenez l’apathie généralisée ou le règne de "la paix-armée" de l’Etat post-totalitaire) et à la petite morale compassionnelle. Seule, la lutte paye ! En effet, l’auto-organisation permet à chacun d’intervenir dans des comités de lutte et les assemblées générales, là où peut s’établir une authentique liaison entre les exploités, afin de dépasser le corporatisme en posant des revendications unifiantes. L’auto-organisation est le premier pas de notre "autonomie" vis-à-vis de ceux qui concourent à notre oppression.

Encore faudrait-il, quand une tentative d’auto-organisation se met en place, qu’elle ne soit pas paralysée de l’intérieur par de faux débats, voire une bureaucratisation larvée ; les prises de décisions et leurs applications, elles se prennent et se vérifient sans aucune exception, à la base, dans les assemblées générales ; la démocratie-directe, afin qu’elle ne s’intoxique dans le pseudo-démocratisme, n’implique que les partisans de la lutte et ceux-ci doivent écarter ses adversaires. Que chacun se positionne donc !

C’est de zéro que l’on repart ! Recommencer… Anarchosyndicalistes, nous ne nous leurrons pas sur cette situation du moment et ses difficultés. La lutte ne peut être fructueuse que si elle est capable d’engendrer un mouvement de masse extrêmement diffus et tenace, agissant sur l’ensemble du territoire en déconcentrant ses actions pour les démultiplier, dans l’optique d’une grève généralisée, avec des poussées spontanées (débrayages et grèves improvisés, manifestations sauvages…) faisant tâche d’huile.

L’heure n’est plus à la résignation : les habituelles balades dans le centre ville, accompagnées du "chant des sirènes", afin d’obtenir des négociations truquées d’avance, ne produiront que davantage de lassitude et de frustration.

Ils nous veulent apathiques et soumis,

soyons offensifs : résistance populaire autonome !

Caen, novembre 2008

CNT-AIT

PDF - 76.6 ko
Crise ou pas, les milliards tombent toujours dans la poche des exploiteurs !

Voir en ligne : Forum Rouge & Noir

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0

Visiteurs connectés : 51

';