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Deux mois de luttes

dimanche 14 novembre 2010

Pendant plusieurs semaines, partout en France, les manifestations, les blocages, les grèves… ont été à l’ordre du jour. Impossible de rendre compte de l’ensemble de ce qui s’est passé en quelques pages. Les articles qui suivent n’ont pas cette ambition mais celle de proposer, avec quelques informations plus événementielles, des éléments d’analyse car nous pensons profondément qu’un tel mouvement, si chacun s’en empare comme il le mérite et en tire les leçons, peut se révéler fécond pour l’avenir.

Ceci dit, plusieurs événements mériteraient un plus grand développement. A commencer par le blocage des transports. Avec les diverses grèves dans les chemins de fer (que ales centrales syndicales se sont évertuées à ne pas généraliser), les occupations de gares ou de voies ferrées par des collectifs et assemblées un peu partout, quelques grèves de métro et de transport en commun (dans ce cas aussi, sans volonté syndicale de généralisation), la grève massive qui a explosé dans les 13 raffineries françaises, a mis l’économie au bord de l’apoplexie. L’essence a rapidement manqué dans les stations services (dont certaines –signe des temps- ont retrouvé des réflexes dignes du « marché noir »). Le gouvernement a évalué que la situation était tellement risquée pour lui qu’il a pris des décisions pratiquement inédites (outre de probables négociations en sous-main avec les syndicats), d’une part puiser dans les stocks stratégiques et d’autre part réquisitionner des grévistes ! Une ambiance de guerre. Dommage, avons-nous été nombreux à penser, que les routiers ne se soient que très partiellement entrés dans la danse ! Mais vu les liens étroits qui unissent dans ce secteur les syndicats, les patrons et l’Etat, nous n’avons pas été étonnés de cette absence de participation. A ajouter au contexte, les diverses occupations symboliques (locaux du patronat, du parti au gouvernement, de boutiques de luxe, de chambres de commerce, d’agences Pôle emploi…), les coupures de courant, les opérations « péages gratuit », « bus gratuit »… Tout cela donne une pâle idée du foisonnement de ce mouvement pour lequel il est difficile de faire un point précis de la répression. Les arrestations, c’est certain, dépassent plusieurs milliers. Les affrontements ont été parfois extrêmement violents. La police, cagoulée, casquée, bardée, surarmée… a fait de nombreux blessés parfois graves (parmi lesquels des compagnons ou sympathisants de la CNT-AIT). La solidarité à l’égard de toutes les victimes de la répression sera nécessaire. Reste également à se protéger d’un autre fléau : l’attentisme politique. Un compagnon, nous disait l’autre soir que les délégués du personnel avaient réunis les travailleurs dans son entreprise pour leur tenir ce discours  : «  Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre 2012  », et d’expliquer qu’ils « avaient fait tout ce qu’ils avaient pu » et qu’après ça, il ne restait plus que les urnes… Il est clair que la «  gauche  » entend capitaliser le mécontentement avec quelques promesses fumeuses d’aménagement de ce qui vient d’être voté par le parlement. Il doit être tout aussi clair pour chacun qu’il s’agit là d’une impasse totale et que, la leçon majeure à tirer du conflit, c’est la nécessaire autonomisation du mouvement social. C’est la voie dans laquelle, la CNT-AIT, qui propage le concept de résistance populaire autonome, est résolument engagée.

Edito d’Anarchosyndicalisme ! n°120

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