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De Versailles à l’Élysée, en attendant la révolution ? Ah, ça ira !

dimanche 13 mars 2011

Au cours de ces dernières années, les scandales se sont enchaînés. Un spectacle dans lequel l’obscène et le cynisme règnent sans partage. Nous sommes véritablement dans le « Tout est possible », l’impératif catégorique de Nicolas Sarkosy ; mais il ne nous fera pas oublier les années frics sous le régime de Mitterrand qui dans son salon Tapie de Noir lisait un conte de Dumas, etc.

D’après vous quel est le montant des sommes d’argent détournées afin d’y être déposées dans les paradis fiscaux pour que les fripons, les courtisans et les amis du prince jouissent sans entraves ? Que penser en effet de leur train de vie somptueux rythmé au gré des excentricités grotesques ? Au passage combien d’emplois fictifs ?

Le Père Duchesne a toujours eu un oeil sur « les élus du peuple » qui sont de la classe des nantis. Bon nombre d’entre ces reptiles et tartufes savent en profiter pleinement. Ils sont tellement dévorés par la cupidité ! Corrompus sans aucun remord ! La liste n’est pas exhaustive ! Prenons tout de même trois exemples marquants pour illustrer ces dernières années : 1) Clearstream en 2006, l’imbroglio juridique impliquant de Villepin premier ministre sous la deuxième présidence Chirac ; 2) Les menus plaisirs de l’Élysée, saviezvous que « les dépenses y sont passées de 32,38 à 35,1 millions d’euros en un an. Les frais de personnels ont augmenté de 10,9% (pendant qu’ils sont réduits partout dans la fonction publique), la dotation (argent de poche) du chef de l’État a fait une percée de 53%... » (« Anarchosyndicalisme n°107 juilletaoût 2008, Ah ! ça ira... »). Pour l’année 2009, ce chiffre serait estimé à un montant de 112 millions d’euros avec une petite économie de 222 000 euros, soit 0.2% du budget total pour cette année-là ; 3) La grande saga de l’été 2010, Woerth ex-ministre du budget du gouvernement Fillon et Bettencourt riche héritière sénile que l’on exhibe avant la chasse. Un navet avec son psychodrame familial pathétique pour maintenir en haleine, sans oublier ses versements d’enveloppes kraft et ses visites nocturnes chez quelques journalistes.

D’ailleurs, l’année 2010 fut très marquante en terme de scandales : Tapie recevant ses indemnités de la main de la ministre de l’économie Lagarde ; Kerviel faisant appel de sa condamnation (pour avoir perdu la modique somme de 4,82 milliards d’euros en janvier 2008) ; Karachi et ses rétro-commissions remontant à Millon ancien ministre de la défense sous la première présidence de Chirac... L’affaire du collier de l’épouse du citoyen Louis Capet n’est même plus un cas d’école, ce n’est plus qu’une petite babiole pour des historiens aimant se chicaner à leurs heures perdues.

L’omerta règne et protège la mafia technocrate avec la complicité de magistrats vendus et l’aide de financiers ventrus. Ces fondés de pouvoirs du Capital ont institué une république corrompue, complètement dépravée sur le plan des moeurs, vidant la chose publique de son contenu. Sa devise n’est certainement pas Liberté, Égalité, Fraternité mais Argent. Enrichissez-vous disait Guizot ! Le vice est la morale des malfaisants et autres médiocres, vauriens de la pire espèce. C’est une république suscitant le dégoût qui est digne d’un fou tel que Jean-Bedel Bokassa. On est donc loin de la perfection inséparable de la vertu, tant revendiquée par toute cette faune politicienne imposant également son idéologie au sein de la population.

Après le sauvetage des banques au détriment de nous autres les exploités et les opprimés, ces scélérats n’ont rien trouvé de mieux que de continuer à afficher leur dédain en continuant leurs orgies dans leurs spacieux appartements parisiens, se gavant de canapés au caviar et de champagne dont le prix d’une bouteille est supérieur au SMIC d’un ouvrier ! Maintenant qu’ils se sont tous réveillés avec une sacrée gueule de bois, nous devons éponger leur ardoise comme sous Versailles. Comprenons l’austérité dans le langage de l’économie-politique.

Autrement dit, c’est la diète pour nous. Qu’importe qu’il soit de droite ou de gauche, le prince doit continuer de mettre en oeuvre une politique contre les exploités et les opprimés pour satisfaire ses courtisans et l’oligarchie. L’État est l’instrument du prince pour maintenir leurs privilèges de classe. Ce qui inclut que dans toutes ses couleurs, il soit un organe du contrôle social et de répression (armée, police, partis, syndicats, tribunaux, administrations). L’État et le Capital s’interpénètrent et sont interdépendants l’un de l’autre. Il faut donc les abattre tous les deux !

Simon, Camille & Paul

Article d’Anarchosyndicalisme ! n°122 Mars-Avril 2011

Anarchosyndicalisme ! n°122 Mars-Avril 2011

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